Copenhague Plan B : «protégeons les riches» !

La séance plénière de la conférence des parties pour le protocole de Kyoto a été ajournée le 16 decembre. Le point d’achoppement essentiel est le statut du texte final de la conférence.

La journée du 9 décembre avait été marquée par la connaissance du projet de texte du Danemark, qui pourrait être le résultat majeur de la conférence. Ce texte, élaboré dans le secret (les rumeurs circulaient depuis plusieurs jours sur son existence), viole les principes démocratiques des Nations Unies et enterre le protocole de Kyoto, tout comme la convention de Rio sur les changements climatiques.

Il propose des contraintes de réduction pour l’ensemble des pays, sauf les plus pauvres, en contadiction avec le protocole de Kyoto qui n’engage que les pays industrialisés de l’Annexe 1. Les financements et les transferts technologiques, qui sont les piliers de la convention sur les changements climatiques, seraient désormais conditionnels. C’est un texte qui selon le G77 «protège les pays riches». Les engagements financiers proposés sont très faibles ; en revanche figure l’engagement à développer les marchés du carbone. La connaissance du texte a provoqué une manifestation spontanée dans le Bella Center, des représentants de la Pan African Climate Justice Alliance.

Dans la séance plénière, les pays du Sud étaient très offensifs, unis pour demander de rester dans le cadre du protocole, et les pays du Nord, en particulier suite à l’intervention de l’Australie apparaissent comme des rentiers qui défendent un texte qui les protège et qui ont perdu toute intelligence de la situation. Devant leur détermination à voir prendre en compte leurs propositions sans attendre, la présidente a préféré ajourner la plénière….

Présentation de la plate-forme bolivienne pour «les droits de la terre-mère». Bella Center.

(quelques interventions à la tribune de représentants du gouvernement)

«Si vous nous demandez si nous voulons vivre comme des américains ou des européens, la réponse est non. Non pas parce que nous ne les aimons pas, mais parce que leur mode de développement est insoutenable. Voilà pourquoi nous devons changer de système. Il faut délivrer la «mère-terre» de l’esclavage. On doit trouver un équilibre entre les humains et la nature».

Ici, dans cette réunion, c’est l’endroit où on discute les vrais solutions.

Jour international de la mère terre, 22 avril : «Nous voulons construire un mouvement, un mouvement global pour les droits de «la terre mère» avec les peuples indigènes, les mouvements sociaux, les ONG, les mouvements écologistes, les chercheurs, les États».

Table ronde au Klimaforum

Ecological debt, Climate change and human and nature rights

Dette écologique, changement climatique, droits humains et droits de la nature

Compte-rendu partiel de quelques interventions

Elizabeth Peredo, Fundacion Solon, Bolivia

Nécessité de changer de paradigme. Nous venons de la terre et nous y retournerons. Vivre bien, vivre en harmonie, ce sont les racines que nous voulons développer. Nous ne voulons pas vivre plus, nous voulons «vivre bien» et en harmonie avec les autres peuples. Le gouvernement de Bolivie a posé dans l’agenda de l’ONU, les droits de la mère-terre. Nous proposons aussi la construction d’un tribunal sur la justice climatique.

C’est suite à la seconde guerre mondiale, après «l’holocauste» qu’ont été réaffirmés les droits humains. Aujourd’hui, c’est un génocide silencieux qui exige de poser les droits de la mère-terre.

Ibrahim Koulibali, Via Campesina, Mali.

Au Mali, le changement climatique est là. C’est une réalité qui sévit au quotidien depuis trente ans, avec la perturbation des saisons. C’est la vie des hommes et femmes qui est en jeu. Le désert avance. Mais on assiste aujourd’hui à l’émergence du nouveau business, et à la marchandisation de la terre et des forêts. La dette établit les responsabilités, et ceux qui sont responsables doivent changer de système. Les riches vont continuer à polluer car ils ont l’argent pour payer. Les victimes vont continuer à mourir.

Percy Makombe- Economic Justice Network (South Africa)

Nous sommes devant une crise de civilisation. Nous ne sommes pas seulement victimes nous sommes aussi partie prenante dès lors que nous avons abdiqué notre droit et notre devoir de penser. La responsabilité de la crise climatique revient aux pays du Nord. Les pays industrialisés, après avoir colonisé les terres, les mers, colonisent l’air avec le marché du carbone. On donne des droits de propriété sur l’air qu’on respire. Il faut supprimer les brevets sur les technologies propres. Le climat est un bien public. Il faut revoir le paradigme de la consommation et de la croissance.

Ivonne Yanez-Oilwatch Americas (Ecuador)

Le changement climatique est en train de devenir une idéologie. Bien sûr il y a un changement climatique. L’idélogie du changement climatique suppose «l’adaptation» et non la transformation du système. Cette idéologie promeut le marché, le marché carbone, les CDM, le REDD, c’est une «shock doctrine», comme le dit Naomi Klein.

Il faut construire une ére de l’après-pétrole, qui permette l’émancipation. Nous avons à étendre la constitution de l’Equateur, qui reconnaît des droits pour les ressources naturelles.

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